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Fusion des universités de Grenoble : interview de Lise Dumasy

lundi 23 mai 2016, par Lise Dumasy - Présidente de l'Université Grenoble Alpes

Lise Dumasy, Présidente de l’Université Grenoble-Alpes, répond aux questions de l’Alliance nationale des sciences humaines et sociales au sujet de la fusion des 3 universités de Grenoble.

Le projet « Université Grenoble-Alpes : université de l’innovation » a été développé, défendu et mis en concurrence durant toute l’année 2015, quel regard portez-vous aujourd’hui sur cette période ?

Intense, mais bouillonnante et constructive. Car le montage du projet Idex s’est accompagné de nombreuses autres structurations. Au même moment, il y avait le projet quinquennal, ainsi que l’auto-évaluation et l’évaluation HCERES pour le projet de site. La campagne électorale nous a permis de préciser et débattre du projet. Enfin, la mise en place de la nouvelle COMUE Université Grenoble Alpes et la fusion. Cela faisait beaucoup de choses en même temps, mais cette simultanéité a favorisé une cohérence d’ensemble.

De 1999 à 2004, puis de 2008 à 2015 vous avez présidé l’Université Stendhal à Grenoble. Le 7 janvier dernier vous êtes devenue présidente de l’UGA ; en quoi la présidence d’une université fusionnée est-elle particulière ?

Elle a ceci de particulier qu’elle implique la construction de processus communs et homogènes, à partir de mécanismes et de cultures différents. Mais bien qu’elle soit prioritaire, cette construction ne sera pas immédiate. D’abord, il y aura un temps pour l’analyse et le dialogue. Les composantes de l’université, les conseils et les personnels seront sollicités afin que les bonnes décisions soient prises.

Ensuite, il faudra créer une identité commune et un sentiment d’appartenance. Le travail collectif des établissements grenoblois m’a beaucoup appris ; néanmoins je continue à découvrir des domaines et des façons de penser nouveaux. Pour atteindre cet objectif il y aura de nombreux contacts à prendre, de relations à établir et de dossiers à saisir. Chacun devra s’engager en faveur de l’acculturation.
Heureusement je suis aidée et soutenue par une équipe formidable. Avec Patrick Lévy, ex-président de l’UJF et président de la COMUE, Brigitte Plateau, administratrice générale de Grenoble INP, et les partenaires de la COMUE, nous travaillons de façon très étroite.

Comment a été constituée l’équipe de direction qui vous accompagnera durant votre mandat ?

Elle est un équilibre entre les anciens et nouveaux vice-présidents et chargés de mission. Les membres sont issus des différents secteurs de recherche des ex-universités grenobloises. Cette association a été axée volontairement sur la transversalité des missions, plutôt que sur leur sectorisation ; la parité a un peu pâti de ces différentes contraintes !

L’UGA est issue de la fusion des trois ex-universités grenobloises. Elle est par ailleurs lauréate de l’IDEX (Initiatives d’Excellence) dont le but est de créer en France des structures d’enseignement supérieur de rang mondial. Dans quelle mesure et par quels moyens l’UGA s’inscrira-t-elle dans une dimension locale et régionale ?

L’inscription de l’UGA dans ces territoires est déjà très forte, et ce, grâce aux liens qui ont été établis avec les collectivités et les entreprises. Cela étant, nous avons souhaité que son renforcement et son développement soient des enjeux de l’Idex, de la fusion et de la COMUE. Une vice-présidence relations territoriales et internationales, ainsi qu’une direction générale déléguée relations territoriales et internationales ont été mises en place à l’UGA.

Le programme Idex inclut le déploiement de médiateurs et la création d’outils d’interfaces favorisant les liens entre les territoires. Il prévoit également d’augmenter la visibilité des compétences universitaires auprès des employeurs et entreprises. Nous souhaitons développer l’offre de stage et le transfert de la recherche, en répondant au mieux aux attentes de nos territoires.

De la même façon, nous travaillons avec la région, les villes et métropoles concernées pour mieux développer nos coordinations stratégiques. Avec elles, nous nous consacrons à la vie étudiante mais aussi au transfert, à la valorisation, à l’aménagement, aux transports, au logement, au patrimoine, à la culture ou encore à la citoyenneté.

Vous êtes titulaire d’une maîtrise de philosophie, agrégée de lettres classiques, docteur ès lettres, professeure de littérature française et poursuivez une activité de recherche au sein de l’UMR Litt&Arts, les Humanités bénéficieront-elles d’une place particulière à l’UGA ?

Je suis convaincue depuis années qu’une fusion universitaire serait bénéfique aux humanités. Car elle est un moyen de mettre leur reconnaissance et leur développement au même niveau que ceux des sciences et technologies. Tant du point de vue de la recherche, que de la structuration ou de l’internationalisation des équipes SHS. Nous souhaitons associer les SHS dès le début, dans les projets de recherche ou de formation, afin de mieux répondre aux enjeux sociétaux d’aujourd’hui et de demain.

Les ponts que nous établirons seront enrichissants tant pour les SHS, que pour les autres disciplines. Et c’est parce que nous avons cette conviction que les équipes des trois universités ont convergé vers ce projet de fusion. D’ailleurs nous avons inscrit ces développements dans l’Idex. A nous maintenant de les construire : nous avons les outils en main.

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